Histoire et situation du DITL. Rapport 2009
1. Le DITL a été créé dans les années 1960 par l’Association Internationale de Littérature Comparée (AILC/ICLA) afin d’inventorier (par une veille lexicographique), de définir (par un dictionnaire) et de clarifier (par des groupes de recherche, des séminaires, des colloques,...) les termes utilisés par la critique littéraire (notion élargie à la «science des textes») au niveau international.
Un comité international rassemblant des spécialistes parmi les plus reconnus dans le monde à l’époque a été mis en place (président: J.C. Brandt-Corstius, La Haye), de même qu’un conseil scientifique (président: Franco Simone, Turin) et un conseil d’administration (président: René Wellek, Yale). Ces responsables se réunissaient à l’occasion des congrès de l’AILC tous les trois ans, tandis que le secrétaire de rédaction Alain Boisson représentait le DITL aux réunions du bureau de l’AILC.
La mise en oeuvre du projet a été confiée au regretté Robert Escarpit; la coordination internationale des travaux a d’abord été installée à l’Université d’Utrecht aux Pays-Bas (Douwe Fokkema, futur président de l’AILC, premier secrétaire de rédaction), puis bientôt à l’Université de Bordeaux en France (Francisca et Alain Boisson, secrétaires de rédaction).
2. Après sa retraite en 1988, Robert Escarpit a remis la poursuite du projet entre les mains de la Société Française de Littérature Générale et Comparée (SFLGC). Jean Bessière, professeur à l’université de Paris-III Sorbonne Nouvelle, futur président de l’AILC, alors vice-président de la SFLGC chargé de la recherche, a constitué une coordination des centres de recherche comparatistes en France pour prendre le relai de l’Observatoire international de la terminologie littéraire jusqu’alors hébergé par l’ILTAM de l’université de Bordeaux associé au CNRS, toujours en relation avec les comités de terminologie littéraire dans divers pays.
Le «laboratoire-réseau» (UPR) du CNRS «Lexicologie et terminologie littéraires contemporaines» dirigé par Henri Béhar (Paris 3) et Danielle Bonnaud-Lamotte (Paris VIII) a mis ses résultats et son équipement à la disposition du DITL. La coordination du nouveau dispositif s’est enfin installée à l’Université de Limoges.
3. La nouvelle «tête de réseau» à l’Université de Limoges en 1989 s’est d’abord donné pour tâche de mettre à jour l’ensemble du projet. Les principaux secrétaires de rédaction dans ces années ont été Jacqueline Ott (Angers) et le regretté Claude Gandelman (Haiffa).
La priorité a été donnée :
a) à l’informatisation du DITL,
b) à sa «mondialisation» afin de minimiser l’eurocentrisme latent de l’institution littéraire,
c) à la relance des comités de terminologie littéraire en divers pays-langues,
d) à l’introduction de nouvelles langues dans le thésaurus: portugais d’abord, puis viêtnamien, coréen, hébreu, polonais, suédois, roumain, persan, et (toujours en projet) le hongrois et le turc.
Le groupe de recherche à Limoges pour le DITL a fonctionné comme «équipe d’accueil» («Théorie et terminologie littéraires») reconnue par le Ministère français de la recherche jusqu’en 1999. Il a informatisé peu à peu le travail de lexicographie, constitué ce qui au début des années 1990 a dû être une des toutes premières listes de diffusion littéraires par internet, organisé de multiples colloques, tables rondes et congrès à Limoges et à l’extérieur, mis en chantier le thesaurus multilingue de la critique littéraire, publié de nombreux articles, etc.
Sous la présidence de l’AILC par Eva Kushner (MacGill, Montréal), un nouveau comité international a été mis en place à l’occasion du congrès de l’AILC à Munich.
Un rapport sur cinquante années de lexicographie de la critique littéraire internationale en vue du DITL a été présenté lors du colloque de l’AILC à Venise en 2005 (http://www.flsh.unilim.fr/ditl/!lexicography%20report.htm).
4. De 2000 à 2008, la coordination des centres de recherche comparatistes français pour la réalisation du DITL organisée par Jean Bessière en 1989 sous l’égide de la SFLGC s’est constituée en Programme Pluriformation «Sciences du texte et informatique» et s’est trouvée à nouveau financée comme telle par le Ministère français de la recherche, avec l’Université de Limoges comme «tête de réseau».
Pendant ces années, l’association du DITL au site www.fabula.org d’Alexandre Gefen s’est avérée fort bénéfique, notamment en ce qui concerne la réécriture des programmes informatiques par Joseph Fahey et l’ouverture du nouveau site du DITL www.ditl.info.
Ce même Alexandre Gefen en collaboration avec Vérane Partensky (Bordeaux 3), Françoise Lavocat (Paris VII), Emmanuel Bouju (Rennes 2), etc. a présenté un projet de DITL2 au financement de l’Agence Nationale de la Recherche. Bien qu’il n’ait pas pu être financé, ce dossier sert de référence pour la programmation des actions futures du DITL.
Un autre apport important de ces années reste l’édition pour le DITL des travaux du regretté Marcel De Grève (Gand) par son épouse Claude De Grève.
5. En 2008, dans l’attente d’une nouvelle implantation, le projet continue à fonctionner comme Coordination de centres de recherche comparatistes dans le monde. Le travail de lexicographie littéraire, d’édition d’articles de référence, et de coordination des groupes de travail se poursuit comme à l’accoutumée à l’Université de Limoges au sein de l’équipe EHIC (Espaces Humains et Interactions Culturelles).
Les réunions internationales triennales à l’occasion du congrès de l’AILC qui s’est tenu à Rio de Janeiro en 2007 ont défini les tâches prioritaires pour 2008-2011:
- Publication du thesaurus de la critique littéraire (résultat de 50 ans de lexicographie);
- Relance de comités locaux en divers pays pour constituer des groupes de travail sur un thème, notamment au sein des écoles doctorales de façon à associer plus de jeunes chercheurs au projet; et présence du DITL aux colloques traitant d’une notion spécifique;
- Mise à jour du site www.ditl.info qui a pris un retard considérable par rapport à la production enregistrée dans les bases lexicographique et textuelle; et, bien sûr,
- Promotion des nouveaux projets pour la poursuite du DITL.
La prochaine réunion internationale triennale se tiendra à Séoul en Corée en août 2010 lors du congrès de l’Association Internationale de Littérature Comparée (AILC).
6. En mars 2009, le symposium annuel qui a au lieu à l’Université Harvard en mars sous l’égide de l’American Association of Comparative Literature a permis notamment d’élaborer des projets de coopération pour divers aspects du DITL en différents pays (http://www.flsh.unilim.fr/ditl/!2009.htm).
C’est ainsi qu’en avril 2009, le comité arabo-africain à l’Université de Djibouti a relancé la question des terminologies littéraires en langues africaines, à commencer par le somali.
En mai 2009, grâce Consejo Superior de Investigaciones científicas espagnol, une contribution du DITL au Dicionario Español de Terminos Literarios (DETLI, http://www.ile.csic.es/detli/) a pu être lancée.
Une adaptation du DITL en chinois et d’autres langues est à l’étude.
Les articles du DITL en anglais seront progressivement republiés sur le site peer-reviewed du Clcweb (Purdue University Press http://docs.lib.purdue.edu/clcweb/).
Il est envisagé d’entreprendre une campagne de traduction des articles en français vers l’anglais en vue de la publication sur le Clcweb.