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ABHANG (Marâthî)


Marcel De Grève ✝

Modifié le 6 mai 2005

par MD


ÉTYMOLOGIE / Philology

Terme marathe : «cantique». Le marathe (marâthî) est une langue indo-européenne du groupe indo-iranien parlée par environ soixante-dix millions de locuteurs dans l’ouest et au centre de l’Inde (à l’est de Bombay). Elle fait partie des langues constitutionnelles de l’Union indienne. 


ÉTUDE SÉMANTIQUE/Definitions

1. Chant religieux bref en langue marathe avec refrain.

2. Genre de ballades en Inde.


CORRÉLATS / Collocations

BALLADE/Ballad,

CANTIQUE/Hymn, CHANT/Song,

ENVOI/Envoy,

HYMNE/Hymn,

PRIÈRE/Prayer,

REFRAIN ; RITOURNELLE/Refrain ; Ritornello,

STROPHE/Stanza.


NOMENCLATURES / Families of terms

ASIE/Asia,

BREF/Forma brevis,

CHANT/Singing,

ÉROTISME/Amatory,

GENRES/Genre criticism,

INDE/India,

HISTOIRE/Historical criticism and New historicism,

LYRISME/Lyricism,

NARRATION/Narrative, NATION/National literatures,

ORALITÉ/Oral,

POÉSIE/Poetry, POPULAIRE/Popular literature,

RELIGION/Spirituality,

SANSCRIT/Sanskrit.


MOTS-CLÉS


Keywords

Hindu,

Mysticism,

Pilgrimage, Poetry,

Repertory.


ÉQUIVALENTS / Correspondences

Le terme marathe abhang dans toutes les langues.


COMMENTAIRE / Analysis

Le chant abhang propre à la secte des sant (« saints »), appelée encore secte des varkaris (« pèlerins »), de Māhārāshtra (région de Bombay) remonte à la plus ancienne poésie hindoue en marathe. Il s’agit d’une espèce de poème mystique - ou de prière - évoquant des légendes pieuses, qui se caractérise par le fait qu’il est chanté presque sans interruption jusqu’à l’envoi, avec un refrain s’intercalant entre les strophes.

La littérature religieuse en Inde étant exclusivement orale, les abhangs ne furent mis par écrit qu’au XIVe siècle ap. J.-C. grâce surtout à la renommée du poète Namdev dont les poèmes furent chantés pendant le pèlerinage annuel à Pandharpour, où se trouve le temple de la secte.

Les abhangs restent parmi les cantiques les plus populaires chez les varkaris. Ceux du « saint » Tukaram sont entrés dans le patrimoine religieux de l’Inde.

Vers le XVIIe siècle ap. J.-C., les abhangs, comme l’ensemble des textes littéraires, par exemple en sanskrit, dans le Maharashtra, évoluent vers un mode profane en se convertissant en ballades, en récit historiques et politiques, ou en évocations érotiques. Ainsi la littérature marathe a-t-elle largement contribué au développement culturel de l’Inde, voire à l’éveil de la conscience nationale.

Marcel De Grève✝

Rijksuniversiteit Gent