Return to the list of articles / Retour à la liste des articles
Le DITL (www.ditl.info) est un projet coopératif. En contrepartie de sa libre consultation, les usagers sont invités à contribuer à l’avancement du projet en communiquant une remarque, une suggestion, une référence bibliographique incontournable, un équivalent du terme dans une langue non encore renseignée, etc. : grassin@unilim.fr
In consideration for the free use of the DITL, readers are invited to contribute a comment or a piece of information such as a bibliographical reference, the equivalent of a term in one of the languages surveyed by the DITL : grassin@unilim.fr
© Vita Nova ( vitanova@ditl.info )
Only short quotations are allowed, with a reference to : "[Name of the author], «[Title of the article], in: Grassin, Jean-Marie (ed.), DITL (Dictionary of International Terms in Literary criticism), http://www.ditl.info, [date]"
Seules de brèves citations sont autorisées avec un renvoi à : "[Nom de l’auteur], «[Titre de
l’article], in: Grassin, Jean-Marie (ed.), DITL (Dictionnaire International des Termes
Littéraires), http://www.ditl.info, [date]"
ANTIHÉROS / Antihero
Marcel De Grève
ÉTYMOLOGIE / Philology
De anti, ‘contre ‘ et héros. Apparu pour la première fois à la fin du récit de Dostoïevski, Zapiski iz podpolija (Mémoires d’un souterrain,) (1864) : ‘ Pour faire un roman il faut un héros, mais moi, comme si je faisais exprès, j’ai réuni ensemble tous les traits d’un antihéros ‘ ( trad : Le sous-sol, Pléiade, p.798). Dans la phrase russe, antigeroj s’oppose à geroj (voir Dostoïevski, Œuvres complètes ‘ en russe ‘ Leningrad : Nauka, 1974, t. V, p.178). En français, le terme ne fut utilisé qu’à partir de 1966.
Modifié le 4 avril 2003
par BB
ÉTUDE SÉMANTIQUE / Definitions
1.Actant d’un récit (roman, nouvelle ou pièce de théâtre) dont le caractère et/ou le comportement est opposé à celui d’un héros. Il est apte à inspirer le mépris, voire le dégoût ou l’horreur.
2. Personnage principal d’un récit qui n’a aucune des qualités traditionnelles d’un héros (courage, force, éthique). Il ne suscite ni l’admiration ni l’horreur, seulement parfois la pitié.
3. (XXème siècle, seconde moitié). Personnage qui privilégie des valeurs accessibles à l’être humain, mais qui est apte à susciter l’admiration par son comportement et des idéaux comme la solidarité, l’endurance, etc’
CORRÉLATS / Collocations
ABOULIE/ Aboulia,
ABSENCE* ,
CULTURE*,
HEROS/Hero,
MODERNITE/ Modernity,
PERSONNAGE/Character,
RECIT/ Narrative.
NOMENCLATURES / Families of terms
HEROS/ Hero,
PERS
MOTS-CLÉS
Antimodèle,
Désacralisation,
Echec,
Fauteur de trouble,
Héros
Inquiéteur,
Marginal,Modèle,
Passivité, Prototype,
Subversion,
Value.
Keywords
Countermodel,
Disturber,
Failure,
Hero,
Marginal, Model,
Perturber, Prototype,
Subversion,
Value
ÉQUIVALENTS / Correspondences
Allemand / German :
Anglais / English : antiheroe,
Arabe / Arabic :
Chinois / Chinese :
Coréen / Korean :
Danois / Danish :
Espagnol /Spanish : : antihéroe,
Français / French : : antihéros,
Grec / Greek :
Hébreu / Hebrew :
Hongrois / Hungarian :
Italien / Italian :
Japonais / Japanese :
Latin :
Néerlandais / Dutch : anti-held,
Persan / Farsi :
Polonais / Polish :
Portugais / Portuguese :
Roumain / Romanian :
Russe / Russian :
Viêtnamien / Vietnamese :
COMMENTAIRE / Analysis
On considère habituellement le phénomène de l’antihéros comme typiquement moderne. Il se rattache en effet à la mentalité (Zeitgeist) du romantisme allemand et en devient l’image de l’homme d’autant plus frustré que les principes qui fondent sa marginalité ne sont pas ceux qu’honore la société dans laquelle il vit.
La notion et le terme se sont néanmoins accrédités depuis la publication , en 1864, de la deuxième partie (‘ A propos de neige fondue ‘) du Sous-sol de Dostoïevski. Le romancier y envisage l’antihéros dans la vie comme dans le récit et son narrateur dit précisément : ‘ Raconter tout au long comment j’ai manqué ma vie en me déshabituant à vivre, en rageant sans cesse dans mon sous-sol ‘ non, vraiment, ce n’est pas intéressant. Pour faire un roman il faut un héros, mais moi, comme si je faisais exprès, j’ai réuni ensemble tous les traits d’un antihéros ‘. Au sentiment d’un échec, il associe le ‘ dégoût ‘ devant la ‘ vie réelle ‘ et la ‘ vie vivante ‘ (que Dostoïevski oppose dans toute son œuvre à une ratiocination stérile), la vie vécue comme une ‘ peine ‘, une agitation dont on ignore le but.
Mais le terme n’est utilisé en critique littéraire qu’à partir des années 1960, pour désigner des personnages qui , eux, se sont multipliés surtout à partir du XIXème siècle.
Certes, comme l’a montré Nathan A. Cervo, dans son article ‘ Anti-Hero ‘ (in Seigneuret J.-Ch.- Dictionary of Literary Themes and Motifs. ‘ N.Y ; Westport ; London : Greenwood Press, 1988, pp.59-65), ce type de personnage serait déjà apparu dans l’Iliade d’Homère (VIIIème siècle avant notre ère), sous la forme de Thersite. Celui-ci passait pour le plus laid et le plus lâche des Grecs qui assiégeaient Troie, s’en prenait volontiers à ses chefs, injuriait tout le monde et pratiquait le persiflage aux dépens de son entourage. Ces quelques vers du Chant II sont éloquents : ‘ Thersite, seul, persiste à piailler sans mesure. Son cœur connaît des mots malséants, à foison, et, pour s’en prendre aux rois, à tort et à travers, tout lui est bon, pourvu qu’il pense faire rire les Argiens. C’est l’homme le plus laid qui soit venu sous Ilion. Bancroche et boiteux d’un pied, il a de plus les épaules voûtés, ramassées en dedans. Sur son crâne pointu s’étale un poil rare. Il fait horreur surtout à Achille et à Ulysse, qu’il querelle sans répit. Cette fois, c’est le tour du divin Agamemnon. Avec des cris aigus, il s’en va débitant contre lui force injures ‘ (Paris : Budé, pp.37-38).
Déjà, c’est par rapport à Achille et à Ulysse, et selon leurs points de vue que Thersite est caractérisé. Et il est clair que la notion d’antihéros ne peut se comprendre elle-même que par rapport à celle de héros, de modèle héroïque. On n’appellera pas antihéros un personnage de farce, par exemple. Mais, au fil du temps, la démarcation entre le héros et l’antihéros devait s’estomper.
La tendance à évoquer ou à mettre en scène un antihéros s’est répandue dans la littérature au XIXème siècle, avec la mort de la tragédie et de l’épopée, genres dits ‘ élevés ‘. Comme le rappelle Victor Brombert dans In Praise of Antiheroes (Chicago ; London : The University of Chicago Press, 1999), le héros a inspiré ces genres en tant que phénomène religieux, que figure exemplaire, luttant contre les monstres, mais pouvant paradoxalement devenir elle-même monstrueuse par sa cruauté ou par son intransigeance. Au XVIIIème siècle, Voltaire avait dénoncé le code héroïque, mais il figurait encore comme une exception. Au XIXème siècle apparaissent en réaction à ce code ‘ the impulses to undermine and topple the exalted figure ‘ (p.5. La fonction la plus fréquente de l’antihéros est à l’époque celle d’un ‘ perturber and a disturber ‘ (p.2).
Au XIXème siècle, avec la montée de l’idéologie socialiste, il est arrivé, dans la littérature d’Europe occidentale, que l’ouvrier occupât le rôle de personnage principal dans un récit. Toutefois, indépendamment de ce déplacement sociologique très localisé, apparurent des personnages qui, tout en jouant un rôle important dans la diégèse, n’étaient pas susceptibles de susciter l’admiration, mais au contraire pouvaient susciter le mépris, la désapprobation ou la pitié. Il en fut de même en Europe orientale, par exemple en Russie.
En Russie d’abord, lieu de naissance du terme, le personnage de l’antihéros s’était imposé avant la lettre. Dostoïevski lui-même connaissait et appréciait des œuvres comme Le Manteau (1843) de Gogol et Oblomov (1859) de Gontcharov dont les personnages principaux ont été depuis lors perçus comme des antihéros. N’a-t-on pas attribué à Dostoïevski la phrase : ‘ Nous sommes tous sortis du Manteau de Gogol ‘ ’ Toutefois, si l’antihéros de Dostoïevski se caractérise par son hyperconscience, l’humble employé de Gogol, Akaki Akakiévitch, seul, sans ressources, sans défense, qui confond son existence avec son emploi de copiste et n’a pour toute passion qu’un manteau neuf, se distingue par une simplicité, une étroitesse intellectuelle qui lui vaut les pires humiliations et suscite la pitié du lecteur. Il apparaît comme le prototype du malij celovek ‘ petit homme ‘, selon l’expression du critique Bielinski, type qui fleurira ensuite dans la littérature réaliste puis la littérature naturaliste russe. En revanche Oblomov représente le type du jeune noble cultivé, raffiné, mais rêveur, velléitaire, aboulique, conscient de sa déchéance dans l’enlisement d’une vie oisive que figurent des objets comme le divan, la robe de chambre et les pantoufles. C’est plutôt le type du lisnij celovek ‘ l’homme de trop ‘ qui inspire à la fois la pitié et l’horreur.
En France, en particulier chez Maupassant et chez Flaubert, les antihéros appartiennent à un monde qui se défait, à une époque où l’on écrit le roman des existences manquées. Parmi ces romans de l’échec, on peut d’abord citer Madame Bovary (1857) et L’éducation sentimentale (1869). Dans le premier roman, Emma Bovary oppose ses rêves , nourris de romans bon marché, au réel et ne peut que sombrer dans l’échec et le ridicule : ce personnage central ne réussit pas plus à devenir une héroïne romantique sue le médiocre pharmacien Homais. L’Education sentimentale raconte l’échec d’une génération : Frédéric Moreau, le personnage principal, subit la réalité plus qu’il ne la crée et semble incapable de se mesurer avec elle. Cet échec total du personnage, dont le point de vue n’est plus, comme chez Stendhal, actif, mais passif, a pour contre poids une véritable révolution esthétique. Les personnages, pris dans la même vision continue des choses, sont comme étrangers à l’action : ils sont devenus spectacle, simple porteurs du temps qui passe. Bouvard et Pécuchet pousse cette tendance à l’extrême : les deux personnages, qui n’ont pour but que l’accumulation du savoir ne sont plus des hommes mais des supports.
Les personnages des Goncourt sont, eux aussi, vidés de ce qui faisait l’humanité de ceux de Balzac, de Stendhal : les romans des deux frères sont des études de cas où l’intrigue joue un rôle modeste. En revanche, le goût du spectacle, l’impressionnisme littéraire rend à l’écrivain ce qui est ôté aux personnages, réduits à une collection d’impressions. Mais ce spectacle très fin- de- siècle est celui d’une dégénérescence : ‘ comme si ‘ selon les termes de Jean-Pierre Richard- leurs héros ne pouvaient se mettre à exister que sous la menace de la maladie, de l’abrutissement, de la folie ou de la mort, bref de l’échec et de l’impuissance à être ‘ (Littérature et sensation.- Paris : Seuil, 1954, p.280). Aces exemples, on pourrait ajouter des personnages de théâtre comme ceux d’Henri Becque, dans Les corbeaux (1882) et de Jules Renard, dans Le pain de ménage (1898) et Poil de carotte (1900).
Le phénomène s’est produit évidemment dans d’autres pays, au nom du réalisme. Ainsi, en Angleterre, Heathcliff, personnage masculin principal de Wuthering Heights (1847) d’Emily Brontë a souvent été analysé comme un antihéros pour son absence de scrupules et sa cruauté quasi bestiale, capable d’inspirer le dégoût et la terreur. Plus tard, The Egoist (1877) de Meredith résume la vision de l’humanité que ce romancier avait exprimée dans ses précédents romans : Sir Willoughby illustre ce piètre moteur de la vie humaine.
Déjà, on le voit, les avatars de l’antihéros sont très variés. Mais, dans ces œuvres du XIXème siècle, l’antihéros apparaît toujours comme un personnage marginal, inadapté à la société, bien qu’il soit, pour ainsi dire, en osmose avec son environnement. Il n’est donc pas identifiable au picaro (plutôt incarnation de l’antihonneur par rapport à la notion d’honneur en Espagne, valeur en grande partie de classe) du roman picaresque, qui s’incruste, au contraire, dans la société, fût-ce pour la contester en intriguant astucieusement. L’antihéros, en revanche, est un être frustré, dépourvu de sens commun, dont le comportement peut donc être imprévisible, alors que, rappelons-le, le comportement du héros épique ou tragique donnait leur unité aux œuvres.
Au XXème siècle, se poursuit la suvbversion des codes narratifs traditionnels. Aussi des antihéros, beaux parleurs mais inactifs comparables à ceux de Flaubert et de Dostoïevski constituent-ils des personnages centraux de quelques grands romans de la modernité : tels le Swann de Proust, esthète sympathique mais passif et indécis, ou le Léopold Bloom de Joyce, antihéros errant d’une journée d’aventures dérisoires ou sordides dans Dublin. Une esthétique de la sensation, de l’impression a bien remplacé celle de l’action, surtout de l’action élevée.
Depuis lors, les antihéros se sont encore multipliés. Ceux-ci vont des déclassés et des déracinés que proposent par exemple les œuvres des écrivains ralliés au mouvement anglais des ‘ Angry Young Men ‘, comme Lucky Jim (1954) de Kingsley Amis, aux agonisants et amputés de romans de Samuel Beckett, comme Malone meurt (1951) et L’innommable (1953), images d’une humanité désespérante, absurde. De l’échec de l’action, l’antihéros sombre dans l’échec du langage, fût-ce paradoxalement, dans des œuvres de langage. Aux Etats-Unis, les romans de Vladimir Nabokov comme Despair (1937) (dont la première version, Ocajanije fut publiée en 1936) et Lolita (1958) proposent des personnages masculins centraux, Hermann Hermann et Humbert Humbert que le romancier lui-même qualifie de ‘ neurotic scoundrels ‘, dans sa préface à l’édition de 1965 de Despair. Sale, négligé, d’un narcissisme morbide, Hermann confère une atmosphère glauque au roman Despair. Humbert, médiocre, se complaît dans son penchant pervers pour les ‘ nymphettes ‘. Ces deux névrosés deviennent meurtriers.
Mais, dès le début du XXème siècle, une réflexion sur l’héroïsme lui-même met en question le modèle du héros, qui restait pris comme référence. L’héroïsme n’est-il pas souvent le fait du hasard, le résultat d’un désir de plaire ou une lutte contre une lâcheté foncière ‘ Ainsi, on peut citer la manière satirique dont Gide, dans Les caves du Vatican (1914) présente le sauvetage de deux enfants d’un incendie par son personnage de Lafcadio, stimulé en fait par la rencontre de Geneviève : ‘ Quand Lafcadio descendit à son tour, la foule l’acclamait comme un héros:/ ‘On me prend pour un clown’, pensa-t-il ‘ (Pléiade, p.724). En Hollande, le conte Titaanjes (Les petits titans ) (1915) de Nescio et en Belgique, le roman Kaas (1933) de l’écrivain flamand Willem Elsschot participent de la même idée que l’homme joue plutôt qu’il ne se présente tel qu’il est.
Mais, de plus en plus, les voix des antihéros eux-mêmes et celles de leurs narrateurs -auteurs véhiculent une réflexion sur la place de l’être humain dans la société moderne et préconisent la nécessité de valeurs qui ne se fondent plus sur la violence ni sur une prétendue ‘ virilité ‘, mais sur les possibilités de nouvelles formes de courage, adaptées aux besoins spécifiques de leur époque. Ainsi, l’écrivain italien Primo Levi , dans La ricerca delle radici (1981) voit l’antihéros comme un ‘ eroe a rovescio ‘(‘ héros à rebours ‘). Dans Il sistema periodico , il met en contraste les stéréotypes non héroïques que cultivent les juifs sur eux-mêmes et la réalité de leur résistance, comme pour combler un vide, à travers la guerilla des partisans contre le nazisme en Biélorussie. Dans Se non ora, quando ‘, il évoque l’expérience quasi incommunicable du retour des camps de concentration, expérience qu’il vécut, et sa recherche de nouvelles formes de courage, telle la force de vivre, dans la dignité, sur le fond d’une culpabilité latente. Comme l’écrit encore Victor Brombert, ‘ some of the most characteristic works written in opposition to traditional heroic models may well reflect a moral and spiritual thrust, as well as an attempt to adjust responsibly to new contents ‘ (p.6). En effet, le Français Albert Camus, dans la Peste (1947), à côté de Grand , l’antihéros par excellence, met en évidence le courage non héroïque, humble, mais réel du Docteur Rieux. Les valeurs de solidarité, d’abnégation, bref d’un certain humanisme sont situées par Camus comme par Levi plus haut que le modèle héroïque traditionnel. Relégué hors de l’humain, l’héroïsme, chez ces personnages, cède la place à ce que Camus appelle, toujours dans La peste, ‘ le métier d’homme ‘. Des antihéros de cette espèce, comme aussi celui de la pièce israëlienne Il s’en est allé par les champs (1945), de Moshé Shamir, histoire d’un membre de kibboutz qui refuse le concept d’héroïsme, malgré sa bravoure, peuvent captiver l’admiration du lecteur.
Marcel De Grève✝
Rijksuniversiteit Gent
Bibliographie / References
Biély, Andréi.- Pétersbourg.- circa, 1909.
Blanchot, Maurice. -‘ Le héros ‘, in . -Nouvelle Revue française. - n’25 (1965).
Brombert, Victor. ‘ In Praise of Antiheroes. Figures and Themes in Modern European Literature, 1830-1980. ‘ Chicago ; London : The University of Chicago Press, 1999.
Cervo, Nathan A. ‘ ’Anti-Hero ‘, in Seigneuret Jean-Charles (éd.).- Dictionary of Literary Themes and Motifs. ‘ New York ; Westport ; London : Greenwood Press, 1988, pp.59-65.
Flaubert, Gustave.- L’Éducation sentimentale.
Giraud, Raymond. ‘ The Unheroic Hero.- New Brunswick : Rutgers University Press, 1957.
Hassan, ‘ The Anti-hero in Modern British and American Fiction ‘, in . ‘ Proceedings of the 2nd Congress of the International Comparative Literature Association, 1959,
Jung, Carl Gustav. ‘ Seelenprobleme der gegenwart.- Zurich : Rascher, 1931.
Levi, Primo. - La ricerca delle radici. ‘ Milano : Einaudi, 1981.
Levi, Primo. ‘ I sommersi e i saluti.- Milano : Einaudi, 1986.
Musil, Robert.- L’homme sans qualités.
O’Faolain, Sean. ‘ The vanishing Hero. Studies on Novelists of the Twenties. ‘ London : Eyre & Spottiswoode, 1956.
Roth, J.- La marche de Radetsky.
Stendhal.- Lucien Leuwen.
Sterne, Laurence.- Tristram Shandy.