ANTIPARASTASE / Antiparastasis
Marcel De Grève
modifié le 7 janvier 2006
par jmg
ÉTYMOLOGIE / Philology
Du grec, ἀντὶ anti : « contre » et παράστασις parastasis : « étalage, preuve ».
ÉTUDE SÉMANTIQUE / Definitions.
(Rhétorique). Procédé oratoire macrostructural (portant sur l’ensemble du discours), de second niveau, par lequel on prétend prouver que le fait dont on est accusé est au contraire louable.
Il peut être utilisé de manière plaisante comme pirouette en situation.
CORRÉLATS / Collocations
APOLOGIE/Apology,
CONTRAIRE/Contrary,
ÉLOQUENCE/Oratory, ÉPIDICTIQUE/Epidictic; Epideictic,
ESPRIT/μμμ
EXAGÉRATION/Exageration,
FIGURE/Figure,
IRONIE/Irony,
HYPOTHÈSE/Hypothesis,
MACROSTRUCTURAL/Macrostructural,
OPPOSITION/Opposition,
PIROUETTE/About-turn,
NIVEAU/Level,
REFUTATION/Refutation, RENVERSEMENT/Reversal,
SUBSTITUTION/Substitution,
TEXTE/Text.
NOMENCLATURES / Families of terms
DÉMONSTRATIF/Demonstrative literature,
FIGURES/μμ
PLAISANT/μμ
POLÉMIQUE/Controversy,
PROCÉDÉS/Devices,
RHÉTORIQUE/μμ
SITUATIONS/μμμ
TEXTE/μμ
MOTS-CLÉS
Apologie, Art oratoire
Figure.
Keywords
Apology,
Oratory,
Rhetorical figure.
ÉQUIVALENTS / Correspondences
Allemand / German :
Anglais / English : antiparastasis.
Arabe / Arabic :
Chinois / Chinese :
Coréen / Korean :
Danois / Danish :
Espagnol / Spanish :
Français / French : antiparastase.
Grec / Greek :
Hongrois / Hungarian :
Italien / Italian :
Hébreu / Hebrew :
Japonais / Japanese :
Latin :
Néerlandais / Dutch :
Persan / Farsi :
Polonais / Polish :
Portugais / Portuguese :
Roumain / Romanian :
Russe / Russian :
Viêtnamien / Vietnamese :
COMMENTAIRE / Analysis
Ce procédé peut avoir une valeur hypothétique, avant même que le locuteur ne soit accusé. Celui-ci préconise d’être loué pour ce qu’il a fait, plutôt que de recevoir un blâme. L’antiparastase apparaît de façon privilégiée dans le genre littéraire de l’apologie. Mais, comme le montrent par exemple Jean Mazaleyrat et Georges Molinié, il peut être productif au théâtre. Ces spécialistes donnent l’exemple d’Horace où « les propos tenus par Horace successivement à Curiace, à Camille, à Procule, à Sabine, et même au vieil Horace et au roi, sont animés par le mouvement d’une antiparastase » (Vocabulaire de la stylistique. – Paris : P.U.F., 1989, p.23). En effet, le mouvement est déclenché dès la scène III de l’Acte II où Horace, s’adressant à Curiace, son ami, son beau-frère et le bien-aimé de sa sœur, transforme le combat qui doit les opposer en tant que représentants de leurs « patries » respectives, Rome et Albe, en « vertu » exceptionnelle : « Une telle vertu n’appartenait qu’à nous/ L’éclat de son grand nom lui fait peu de jaloux » (Pléiade, p.859). Le mouvement ne fait que s’amplifier à l’Acte IV : à la scène V, après avoir tué Curiace, il proteste ainsi contre la douleur de Camille : « Aime, aime cette mort qui fait notre bonheur… » (p.887). Et après avoir tué sa sœur, au soldat Procule qui lui demande « Que venez-vous de faire ? », il répond par une antiparastase particulièrement violente : « Un acte de justice/ Un semblable forfait veut un pareil supplice » (Ibid). (Il s’agissait des imprécations de Camille contre Rome).
Marcel De Grève
Rijksuniversiteit Gent
Bibliographie / References
Mazaleyrat, Jean ; Molinié, Jean.– Vocabulaire de la stylistique.– Paris : Presses Universitaires de France, 1989.