BAILE (Spanish)
Modifié le 30 mai 2005
Par MD
ÉTYMOLOGIE / Philology
Subst. espagnol baile : « danse, ballet ».
ÉTUDE SÉMANTIQUE / Definitions
(Espagne, Renaissance, Siècle d’or) ). Ballet qui comblait l’entracte entre la deuxième et la troisième partie ou jornada (journée) d’une comedia . Il était accompagné de chants, voire de mimique et de dialogues.
CORRÉLATS/ Collocations
BALLET/Ballet,
COMEDIA,
DANSE/Dance, DIALOGUE/Dialogue, DIVERTISSEMENT/Entertainment,
FORMES BRÈVES/Forma brevis,
INTERMÈDE/Interlude,
MIMIQUE/Gestures,
RENAISSANCE/Renaissance,
SIECLE D’OR,
THÉÂTRE/Theatre, playhouse.
NOMENCLATURES/ Families of Terms
BRÈF/Forma brevis,
FORMES/Forms,
GENRES/Genre criticism,
RENAISSANCE/Renaissance,
THÉÂTRE/Drama.
MOTS-CLÉS
Brièveté,
Comedia, Corrales,
Danse, Dialogue, Divertissement,
Mimique.
Keywords
Brevity ; Briefness,
Comedia, Corrales,
Dance, Dialogue,
Entertainment,
Gestures.
ÉQUIVALENTS / Correspondences
Terme qui désigne un genre spécifique du théâtre espagnol.
COMMENTAIRE / Analysis
Au XVIe siècle, se développe en Espagne, à côté du théâtre religieux, un théâtre profane, sous la forme de la comedia (qui pouvait mêler tragique et comique, le terme s’appliquant à toute pièce de théâtre), notamment avec Lope de Rueda et Tirso de Molina. La mise en scène de ces pièces, jouées dans des corrales, c’est-à-dire des théâtres montés alors dans des patios de maisons ou dans des cours d’auberges, se diversifia au cours du temps. Et, au moment où, en 1585, Lope de Vega, premier grand dramaturge du Siècle d’or, s’apprête à écrire, la comedia, lors des représentations, comprend un intermède entre la première et la deuxième journée et, comme l’écrit Jean Canavaggio : « Entre la deuxième et la troisième, un ballet chanté et dansé – le baile – vient à son tour meubler l’entracte » ( Histoire de la littérature espagnole. – Paris : Fayard, 1993, t. I., p. 590). Ce ballet ne fit que se raffiner, s’enrichissant de mimique et de brefs dialogues. En 1606-1609, Lope de Vega, fixant les canons de ce qui devenait la comedia nueva , dans son traité Arte nuevo de hacer comedias, entérinait tout ce qui pouvait divertir le spectateur face à des pièces morales et didactiques, et donc la pratique de l’intermède et du baile. Tous les grands dramaturges y recoururent et la vogue du baile se poursuivit jusqu’au XVIIIe siècle.
Marcel De Grève
Rijksuniversiteit Gent
Canavaggio, Jean (éd.). – Histoire de la littérature espagnole. – Paris : Fayard, 1993.
Van Tieghem, Philippe ; Josserand, Pierre (dir. Gen.). – Dictionnaire des littératures. – Paris : Presses Universitaires, 1968.