Bien avant la seconde guerre mondiale, et la naissance du terme à proprement dit, l’expérience concentrationnaire, à savoir
la déportation d’innocents suivies de sévices et de traitements inhumains, trouve ses racines littéraires dans des textes
beaucoup plus anciens tel que
Les premiers camps de concentration en Afrique du Sud pendant la guerre des Boers, à Cuba ont fait naître une littérature
des camps parmi laquelle on peut citer les
À l’issue de la première guerre mondiale, certains prisonniers racontent les camps aussi bien du côté allemand comme Eugène
Blanchet dans
L’horreur de la seconde guerre mondiale a atteint des sommets que l’humanité ne croyait pouvoir franchir. Cette frontière entre l’homme et le monstre une fois transgressée, a libéré d’une certaine manière les prisonniers pour en faire des survivants, car la question commune qui hante les concentrationnaires tout comme ceux qui ont échappé à cette expérience est de savoir : comment peut-on vivre après cela ?
C’est la quête insatiable des David Rousset, Charlotte Delbo et autre Primo Levi. Leurs récits retracent l’expérience de vie
dans les camps ainsi que celle du témoignage. Libératrice ou non, cette écriture est toute en paradoxe pour ces héros-coupables,
qui ont parfois perdu leur âme pour survivre et qui ressentent le poids de la culpabilité de pouvoir en parler. Du devoir
de mémoire de certains en ont fait leur purgatoire. De ce fait, l’auteur doit veiller à faire de son expérience celle de tous
les prisonniers, c’est-à-dire, ne pas se perdre dans les détails tout en restant sincère. La question de l’objectivité est
intrinsèque à la retranscription des souvenirs. Doit-on écrire à sa sortie comme David Rousset l’a fait ? Ou bien attendre,
conserver et mûrir son témoignage pour que la transmission ne s’effectue vraiment que dans le but de faire perdurer la mémoire
des survivants quand ils ne seront plus de ce monde ? Geneviève de Gaulle en a décidé ainsi lorsqu’elle a publié
Le témoignage est nécessaire pour l’auteur qui peut y trouver des vertus thérapeutiques, en expérimentant l’écriture. Il découvre
les difficultés et les enjeux d’un récit dont la trame a souvent été préparée durant l’emprisonnement. « Les détenus des camps,
dans leur immense solitude, dans le sentiment qu’ils avaient d’être abandonnés du monde, s’étaient parfois efforcés de survivre
à la seule fin de témoigner […] » (Luba Jurgenson . –
La position de témoin force l’auteur à une certaine part d’objectivité qu’il ne parvient pas forcément à atteindre dès ses premiers essais littéraires. Ainsi, toute sa vie Primo Levi n’aura de cesse de réécrire encore et toujours cette période de sa vie qui a imprégné tout le reste de son existence jusqu’à son suicide. Ce témoignage du témoignage à l’infini reflète toute la difficulté à dire l’indicible ; car comment faire partager ce qui fut son propre anéantissement ? Comment inscrire le récit de sa mise à mort dans une perspective de retour à la vie ? Chacun des récits apporte son lot de réponse et laisse des interrogations, auxquelles même celui qui a vécu cette expérience ne peut répondre.
L’erreur à ne pas faire serait de limiter la littérature concentrationnaire à l’Holocauste. Une autre part importante de cette littérature, sans doute moins connue, est celle des camps soviétiques.
Bien que les camps de concentration aient existé dès 1918 en U.R.S.S., ceux qui sont parvenus à s’en échapper et qui ont désiré témoigner à cette époque, n’ont pas obtenu la crédibilité de leurs homologues des camps hitlériens. On pressentait le danger du négationnisme peser sur cette littérature. C’est bien souvent hors de leur pays qu’ils ont pu faire découvrir au monde le régime qu’ils subissaient. Et c’est bien après des années de négation que la réalité de ce système fut avérée.
Les deux porte-drapeaux de la littérature concentrationnaire soviétique sont Varlam Chalamov auteur des
Enfin un des conflits de la littérature concentrationnaire repose sur l’intégration ou non des œuvres romanesques traitant
de l’expérience concentrationnaire sans que l’auteur ne l’ait éprouvée. On peut citer en exemple le cas de Soazig Aaron qui
n’a pas vécu les camps mais qui dans
Stéphanie Sun-Lecoq
Étudiante, Université de Limoges
Gaule Anthonioz, Geneviève de.–
Gaule Anthonioz, Geneviève de.–
Gaule Anthonioz, Geneviève de.–
Gaule Anthonioz, Geneviève de.–
Gaule Anthonioz, Geneviève de.–
Grinspan, Ida ; Poirot-Delpech, Bertrand.–
Heller, Michel.–
Jurgenson, Luba.–
Levi, Primo.–
Levi, Primo.–
Levi, Primo.–
Levi, Primo.–
Levi, Primo.–
Parrau, Alain.–
Rousset, David.–
Rousset, David.–
Soazig, Aaron.–
Wormser-Migot, Olga.–