MÉTAMORPHOSE / Metamorphosis

ETYMOLOGIE / etymology

ETUDE SEMANTIQUE / Definitions

COMMENTAIRE / Analysis

A. Colette Damour

Lorsqu’il entre dans la langue française à la fin du XVe siècle, le mot métamorphose apparaît déjà avec une forte connotation littéraire, désignant à l’origine une œuvre latine : Les Métamorphoses d’Ovide, (l’œuvre maîtresse d’Apulée est plus connue sous le titre de L’Âne d’or, que sous celui de Métamorphoses). Cet héritage ovidien implique une référence à la mythologie. En effet la notion de métamorphose surgit au cœur de la pensée antique qui s’est montrée constamment soucieuse d’intégrer l’homme dans l’univers, de le replacer au milieu des forces de la nature, et de souligner les liens qui l’unissent de façon étroite, quoique mystérieuse, à l’ordre cosmique.

Montrant les transformations d’un objet en un autre, la notion de métamorphose témoigne d’un devenir dont le courant se manifeste dans le passage d’un règne naturel à un autre, et auquel rien n’échappe. Elle participe donc complètement de la volonté d’adhérer par la parole, le langage, à la Nature et son mystère; il s’agit à travers elle d’exprimer le mouvement du monde tel que l’on peut en avoir l’intuition.

La métamorphose répond au double but que se proposent les plus anciens mythographes : émerveiller d’abord puis expliquer l’origine du monde et des êtres animés. A l’époque alexandrine (IIIe siècle), les progrès de l’esprit scientifique et la curiosité générale pour l’histoire naturelle conduisent à rechercher dans la métamorphose l’explication de propriétés physiques que l’état des connaissances ne permettait point de justifier. Il faudra cependant le talent créateur d’Ovide pour que la métamorphose investisse explicitement le domaine littéraire.

C’est à partir du XVe siècle que le mot commence à devenir un nom commun. Le dictionnaire de Godefroy, par exemple, fournit à la date de 1493, un nouveau titre, mais d’une œuvre qui n’est plus celle d’Ovide : « Cy finist la bible Des poetes de metamorphose » (Ed. C. Mansion). C’est toujours le domaine purement mythologique et le mot n’apparaît pas encore très vivant .

Il faut attendre le XVe siècle pour que ce terme qui, par son origine, renvoyait à l’ œuvre poétique d’Ovide, après être resté pendant un bon siècle cantonné dans cet usage de titre, abandonne cette valeur technique précise et quitte assez vite le domaine strictement mythologique. Les poètes du XVIe siècle n’emploient guère le mot métamorphose dans son sens propre et dans un contexte mythologique direct. Le seul à le faire est Rabelais dans son Prologue du Quart livre, où il fait conseiller par Priapus à Jupiter de pétrifier Ramus et Galland : « je suis d’opinion que petrifiez ces chien et renard. La metamorphose n’est incognue. Tous deux portent nom de Pierre. » Mais avant 1522 le mot avait déjà été employé dans la poésie amoureuse, c’est-à-dire qu’il avait acquis sa vie propre dans la langue française, en s’éloignant progressivement du domaine purement mythologique, mais en préservant la charge poétique qui semble lui être attachée dés ses débuts. Ceci d’abord sous la plume de Pontus de Tyard dans ses Erreurs amoureuses de 1549. Le poète feignait dans un sonnet que sa dame était une douce et cruelle Méduze et en conséquence :

«Ainsi que mort je deviens froide image.

Mais j’ay grand dueil que ma métamorphose

Ne me permet de dire quelque chose,

Ou prosterné, du moins, luy faire hommage.»

De même Ronsard dans son recueil de 1552 a recours par quatre fois au terme de métamorphose pour développer le thème pétrarquiste des transformations que l’être aimé cause dans l’âme de l’amant, à commencer par la pétrification. La métamorphose apparaît dans notre langue chargé d’une forte connotation poétique plongeant ses racines dans la poésie latine, racines qui seront prolongées par les poètes de la Renaissance anglaise, française, italienne. En effet il existe chez Pétrarque, Boiardo, Ronsard, Belleau ou encore dans le grand poème de John Donne « Metempsycosis », une véritable poétique de la métamorphose. Des ouvrages tels que Poétiques de la métamorphose et la Métamorphose dans la poésie baroque se sont attachés à montrer l’importance de ce thème dans la littérature du XVIe et XVIIe siècles.

( La métamorphose constitutive de genres : du poème mythologique à la science-fiction) .

A travers les récits mythologiques d’Ovide ou la poésie amoureuse de la Renaissance, la métamorphose a donc donné lieu à une interprétation du réel au moyen de la création littéraire. Interprétation du réel tel qu’il est par une métamorphose hypothétique susceptible de lui avoir donné naissance. On avait alors affaire à un récit de type rétrospectif dont la fonction est de proposer une explication théorique, mythique ou simplement poétique de ce qui est. Mais le récit de métamorphose peut aussi partir d’une situation réelle, et de manière arbitraire procéder à l’invention d’une métamorphose qui va en affecter tel ou tel élément. Le récit est alors de type prospectif en ce sens qu’il explore les conséquences d’une distorsion donné par rapport à ce qui est. Il s’est opéré au cours de l’histoire littéraire un glissement caractéristique du premier type de récit de métamorphose au second. A une extrémité de cette histoire on retrouve donc les Métamorphoses d’Ovide, à l’autre la science-fiction moderne de la fin du XXe siècle. Entre les deux, les contes merveilleux et la littérature fantastique. Ainsi Alice au pays des merveilles de Lewis Carroll, La métamorphose de Kafka ou Dr Jekyll et Mr Hyde peuvent illustrer tour à tour chaque genre. Le thème de la métamorphose est donc un thème éminemment littéraire qui va engendrer une certaine structure du récit et l’élaboration de figures particulières. Ainsi Francis Berthelot dans la Métamorphose généralisée décompose-t-il la métamorphose en quatre paramètres : le sujet qui la subit, l’agent qui la fait subir, le processus selon lequel elle s’accomplit, et le produit qui en résulte. L’étude des variantes de chacun de ces paramètres permet de construire une sémiotique générale de la métamorphose, aussi bien que de rendre compte de la formule structurale qui engendre toute métamorphose particulière.

La métamorphose poétique

Mais c’est dans le lien qui semble unir très intimement poésie et métamorphose que se constitue l’essence du caractère littéraire de la notion de métamorphose. Déjà les poétiques du siècle dernier considéraient la métamorphose comme un genre distinct : « La métamorphose est une espèce de fable merveilleuse, dont le sujet roule sur la transmutation des formes. » Genre distinct, non seulement par le sujet, mais encore par la composition : « on distingue dans la métamorphose quatre parties principales : l’exposition, la narration, l’incident et la conclusion. » (Ch. Héguin de Guerle, Poétique française ou Règles des ouvrages en vers, Paris: Pigoreau, 1836.).

 Cependant l’exploitation du terme s’étend bien au delà des frontières du genre de la métamorphose au sens strict. Et c’est la poésie dans son ensemble, au cœur de son processus créatif qui se redéfinit en permettant à la métamorphose d’investir son domaine. En effet le travail du poète tel qu’il a été défini dés l’antiquité en adoptant la figure de la métamorphose l’installe explicitement dans une perspective démiurgique : il s’agit à la fois de dire les métamorphoses qu’il peut voir, mais aussi de révéler celles qui sont cachées, et surtout d’en créer de nouvelles à même la langue.

S’invente alors une poétique de la métamorphose qui se constitue sa rhétorique particulière, dont les figures caractéristiques seront la métaphore, la métonymie et l’ analogie. En effet le poète révèle ce qui est caché en projetant les métamorphoses qui échappent aux sens dans l’ordre du sensible grâce à l’emploi de l’outil logico-sémantique de la comparaison–image. C’est parce qu’elle s’inscrit dans un système d’analogies que la correspondance entre une transformation visible et une transformation invisible permet de dire celle-ci en lui prêtant une épaisseur concrète qui la rende en quelque sorte visible elle aussi. Mais c’est surtout en créant ses propres métamorphoses que le poète investit la parole, le Verbe. La trituration du signifiant par le jeu de métaplasmes suffit parfois à fonder une métamorphose. La Laura de Pétrarque est laurier mais un simple jeu graphique, l’Aura permettra de la transformer en brise. Le procédé de loin le plus fécond est le travail sur le signifié. La plupart des créations poétiques de métamorphoses sont fondées sur un rapport métaphorique. Toutefois si la métaphore a joué un rôle essentiel dans la production de ces énoncés, il faut dresser les limites de ce pouvoir métaphorique au moment où il se veut l’équivalent du processus métamorphique : il n’y a métamorphose que parce qu’il n’y a plus métaphore. Pour expliciter cette formulation prenons l’exemple de la germination : pour qu’il y ait un épi, il faut qu’il y ait eu un grain, et il faut que la germination ait détruit ce grain. De même la métaphore donne au poète l’idée de la métamorphose mais l’illusion poétique ne sera produite que par la destruction de la figure. L’image est donc l’agent poétique de la métamorphose, capable de convertir tout objet en un instrument analogique et d’en extraire une signification métaphorique.

La métamorphose, au-delà du seul thème littéraire est devenue canonique, et des structures qu’elle engendre semble s’ériger comme le principe même de la création poétique. En effet les poètes eux mêmes définissent de plus en plus surtout depuis le XIXe siècle leur poésie par la volonté de transmutation. Elle est devenue une création commandée par la puissance de la métamorphose, soit qu’elle souhaite opérer la transfiguration du réel, « changer le monde » dira Rimbaud, soit qu’elle prétende transformer la condition de l’homme. La métamorphose tend peu à peu à signifier l’essence de la poésie et la faculté de transmutation des choses et des êtres qui lui appartient spécifiquement. Elle s’établit au cœur du langage poétique pour lui transmettre son énergie métaphorique et son dynamisme. Ce sera d’ailleurs le credo du surréalisme tel que le formule Breton : « C’en est fait des limites dans lesquelles les mots pouvaient entrer en rapport avec les mots, les choses avec les choses. Un principe de mutation perpétuelle s’est emparé des objets comme des idées, tendant à leur délivrance totale qui implique celle de l’homme ». Il écrira également que : « tout est délivré, tout poétiquement est sauvé par la remise en vigueur d’un principe généralisé de mutation, de métamorphose ».

Grammaire et métamorphose.

Les capacités transformationnelles de la grammaire, inscrivent encore plus profondément la notion de métamorphose dans la langue.

Au cœur même de la syntaxe la notion de métamorphose a aussi été utilisée pour permettre d’identifier le pouvoir métamorphique de la langue. En effet cette notion ne permet-elle pas de qualifier le fonctionnement grammatical de notre langue ? La grammaire normative a pour but de mettre en forme et de faire respecter la forme : formalisante et formaliste, elle préfère à l’échange la fixité. Or le changement grammatical de forme pervertit sans le savoir la règle et fait pénétrer au cœur même de la grammaire une poésie de la métamorphose. C’est aujourd’hui la grammaire « transformationnelle » qui traite les formes suivant des schémas empruntés aux sciences de la vie - biologiques et génératifs-. Mais hier encore les « formes » dans la morphologie de la langue française, renvoyaient aux éléments du paradigme : forme singulier, forme pluriel, forme active, passive, pronominale. Le changement de forme -commutations et permutations- consistait à cataloguer les capacités transformationnelles de la langue, inscrivant la métamorphose dans la règle. Ainsi dans le paradigme nominal les formes se font et se défont : l’adjonction d’une particule déclenche une féminisation, ou une reproduction spontanée Y Les variations de «formes » dans le paradigme verbal sont plus subversives car elles jouent sur l’axe syntagmatique : le passage de l’actif au passif n’entraîne pas de changement dans la « nature » du mot, mais bouleverse la fonction. Or quand il s’agit de fonctions sujet et objet, c’est bien une métamorphose d’identité qui se prépare. D’où au cœur même du fonctionnement de la langue l’importance de la permutation fonctionnelle dans le mécanisme verbal de la métamorphose. Ainsi pourrait se définir à l’échelle même de la phrase et non plus seulement du texte, l’usage effectif du terme « métamorphose » dans la critique littéraire.

Colette Damour

Maîtrise, Université de Limoges

B. Virginie Sage

1. La métamorphose dans l'art

La question de la métamorphose répond de l'actualité avec le post-modernisme, le constat de la fragmentation, le cubisme. En peinture Picasso est l'inévitable référence :  il fait « à sa manière (...) l'inventaire des formes pour mieux les métamorphoser ensuite » (Bernard Heitz, « Picasso l'ensorceleur ») ; « D'un coup de pouce, il fait varier l'univers. Périodiquement, nous rouvrons les yeux : tout est changé. Non détruit. Arrangé autrement. Et chaque fois nous nous lançons dans ce monde tout neuf avec une ardeur nouvelle. » (Francis Ponge, « Coup de pouce et coup de maître »).

Grand dévoreur de mythes, Picasso s'inspira des histoires d'Ovide dans diverses représentations picturales intitulées « Métamorphoses », parmi lesquelles la fable de Térée, Procné et Philomèle.

2. Métamorphose et psychologie ; interprétation des mythes de métamorphose.

On retrouve également la notion de métamorphose dans un tout autre domaine, celui de la Psychologie.

En 1865, Griesinger parlait de « métamorphoses du moi » lors de la période adolescente, et c'est au vingtième siècle que Freud repris ce concept en considérant la métamorphose comme les modifications comportementales du Sujet dans ses relations aux Autres.

Mais en matière de métamorphose, il est une référence incontournable ; Ovide qui composa un ouvrage phare du même titre, vers l'an Un avant Jésus-Christ. Son œuvre est un panache de métamorphoses sur lesquelles la Psychanalyse fit moultes interprétations (le narcissisme, le complexe d'Antée...). Et c'est ainsi que Jean-Pierre Néraudeau vit en le poète latin comme un explorateur des sensations de ses personnages métamorphosés ; il « fouille leur coeur avec une inlassable minutie et surtout ceux que frappent les tourments de l'amour ou plutôt du désir. Ce sentiment est partout présent parce qu'il est la cause principale des métamorphoses».

Dans les récits antiques, la métamorphose était soit simple caprice d'une divinité

(les diverses apparences revêtues par Jupiter pour séduire), soit punition de ceux qui avaient affronté les dieux (Arachné métamorphosée en araignée pour avoir osé se mesurer à Pallas, péché d'hubris, Actéon pour avoir vu Diane dévêtue dans son bain...). Et de toutes ces histoires, on peut voir que « la métamorphose agit où le désir trouve sa loi », « pris dans les rets du savoir indicible des dieux, le désir aveugle le sujet et la métamorphose ne le déresponsabilise pas ».

3. La métamorphose, thème littéraire et principe poétique.

Enfin la métamorphose est un thème littéraire qui a donné lieu à de nombreux romans, nouvelles et autres types d'ouvrages ( Cœur de chien de Boulgakov en 1925, Dr Jekyll and Mister Hide de Stevenson en 1886, Die Verwandlung Kafka en 1915, The Portrait of Dorian Gray d'Oscar Wilde en 1890, La Métamorphose des dieux, ouvrage d'esthétique d'André Malraux en 1957... ). Généralement, dans tous les écrits de métamorphose, celle-ci nie l'unité fondamentale de l'être humain, et c'est ce que démontre Gilles Deleuze, dans Kafka, pour une littérature mineure avec l'idée que l'Homme a en lui une multitude de devenirs qu'il peut potentialiser (il s'agit de ce qu'il appelle le « devenir animal de l'homme » et du « devenir homme » de l'animal).

Et, Paul Eluard dira : « Nous vivons dans l'oubli de nos métamorphoses », de même que « Nous naissons de partout nous sommes sans limites » (Notre mouvement).

Plus récemment, et dans le registre « littérature jeunesse », J. K. Rowling développa à son tour le thème de la métamorphose dans la célèbre saga Harry Potter, et la première fois dans le premier tome Harry Potter à l'école des sorciers, p. 135 :

« Le professeur Mc Gonagall était très différente (...)

La métamorphose est une des formes de magie les plus dangereuses et complexes que vous aurez à étudier, avait-elle dit (...)

Elle avait alors changé son bureau en cochon puis lui avait redonné sa forme d'origine... »

Mouvement et métamorphose

Comme mouvement, la métamorphose peut être ascendante ou descendante. L'ascendante récompense - ainsi (...) l'apothéose. La descendante châtie - telle la cochonisation (...) des compagnons d'Ulysse par Circé.» Quant à la métamorphose horizontale, elle n'implique ni châtiment, ni récompense, mais elle est « simple ruse de guerre ou joviale tactique de l'amour- [C'est ainsi que] Jupiter se fait (...) pluie d'or pour Danaé ». (Jean-Louis Bory).

Métamorphose et métempsycose

La métempsychose est une conception pythagoricienne selon laquelle tout ce qui est vivant peut changer de forme ; se métamorphoser. Ainsi l'âme peut elle transmigrer d'un corps à un autre, une fois débarrassée de l'enveloppe charnelle. Et c'est selon cette idée que le philosophe occulte Pythagore prétendait à ses disciples avoir « reçu en présent d'Hermès le circuit de son âme dans des métamorphoses animales et végétales » (Diogène Laërce, Vie, doctrines et sentences des philosophes illustres) et habité différents corps à la suite de cela.

Mais l'idée de la palingénésie fut évoquée bien avant Pythagore, dans de nombreuses cultures orientales influencées par l' Hindouisme et le Bouddhisme.

En effet, l'Hindouisme prône que « l'individu se libère d'un cycle infini de renaissances grâce à la dévotion » ( Mythologies du monde entier, p. 69), et, selon le bouddhisme Hinayana (principalement localisé en Inde du Sud et dans la Péninsule indochinoise) Bouddha (VIe siècle avant J.-C.) aurait « connu plus de cinq cents vies antérieures en tant que Bodhisattva, contées par des légendes populaires, les Jataka (« nativités »).» ( Mythologies du monde entier, p. 87).

2- L'art contemporain à la recherche du mouvement

La notion de métamorphose est enfin présente dans le déconstructivisme, avec l'idée que rien n'est fixe, et l'art contemporain, lequel est particulièrement à la recherche des effets de mouvements et de transformation.

Ce ne sont plus des images statiques qui s'offrent à nos regards, mais au contraire, des photographies de mouvement, qui témoignent du fait que nous sommes dans un flux perpétuel, que rien n'est figé mais au contraire, tout bouge... Ainsi François Xavier Combes, photographe contemporain, aime à jouer des effets de lumière en créant comme une sorte de mouvement dans ses photographies...

La métamorphose suggère que tout est en perpétuelle mouvance : la définir risque de figer ce qui, par définition est en pleine évolution. Comment saisir la métamorphose si le mouvement perpétuel lui est consubstanciel ?

Virginie Sage

Maîtrise, Université de Limoges

BIBLIOGRAPHIE / Bibliographie

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