La notion de
En procédant par associations d'idées et superpositions de textes, l'analyste littéraire met en évidence l'existence des structures inconscientes: métaphores obsédantes. Ces réseaux d'associations verbales laissent apparaître des réseaux d'images; des idées aux images, d'une poème à un autre, se dessinent des figures regroupées en réseaux selon de secrètes simultitudes affectives, reliant les images selon «leur charge émotionnelle» (p. 30). L'étude de ces réseaux de figures qui se répètent et se combinent porte sur les rapports entre les personnages.
La figure (configuration) mythique est ancrée dans un système de relation «intra-psychiques» (p. 113). Par exemple, chez Baudelaire, se dégage un premier réseau de figures passives, celle des porteurs de chimères (femmes, comédiennes, vitriers, monstres...). Cette suite de figures - une partie du Moi du poète - se combine avec un autre réseau, celui du Chat, du sphinx, du tombeau - une autre partie du Moi. Ces figures impliquées dans un jeu de relations et de situations dramatiques, composent une structure vivante, derrière laquelle on entrevoit le mythe personnel que Charles Mauron définit comme «une situation dramatique interne, personnelle, sans cesse modifiée, mais persistante» (3). Cette «situation dramatique» donne accès à la structure de la personnalité de l'auteur.
Au sein du récit ou de l'action théâtrale, les structures dramatiques obsédantes apparaissent par l'association et la superposition des personnages et de situations. Dans cette approche, «tout personnage devient alors une variation d'une figure mythique». Ce qui se répète ce sont les relations entre ces figures. L'apparition des structures obsédantes s'explique par des motifs conscients, mais la répétition ne peut être ramenée qu'à une origine inconsciente. La méthode psychocritique fait donc apparaître la hantise d'un petit groupe de personnages et du drame qui se joue entre eux. (p. 210). Les variations de ces figures et de ces situations débouchent sur un petit nombres de «scènes dramatiques». C'est le groupement de ces scènes dramatiques qui compose le mythe personnel» (p. 210). Le mythe personnel doit avoir une genèse et une histoire. Il s'inscrit dans une composante temporelle. Il n'a de sens que par rapport à la durée des processus inconscient qu'il met en œuvre. Plus qu'un fantasme, c'est une sorte d'être vivant, réagissant aux excitations externes et internes, mais conservant son équilibre spécifique. «C'est à travers lui que sont transmis au moi créateur les événements biographiques du moi social» (7).
Le mythe personnel serait l'expression de la personnalité inconsciente du poète et de son évolution, comme une représentation du moi, échappant à sa pensée consciente et rendant compte de son mode d'exister. Il est «une mise en histoire» à la fois de son rapport au monde et aux différents instances qui composent le moi.
Les relations tissées entre ces personnages qui sont les figures mythiques, leur situations et les variations qu'elles dessinent composent ainsi une sorte de thème avec variations.
A. Boudet
Mauron, Charles.– «Les origines d'un mythe personnel chez l'écrivain», in
Mauron, Charles.–
Pommier, J. [Pour une critique satire de la psychocritique].