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ROMAN ANTIQUE // (Mediaeval Greek and Roman romance)


Marcel De Grève

 

ÉTYMOLOGIE/ Philology

Voir article ROMAN.

 

ÉTUDE SÉMANTIQUE

(Moyen Âg. Genres). Sans doute la première forme romanesque du Moyen Âge, née en France au milieu du XIIe siècle, consistant en la réécriture, en les adaptant à l'époque médiévale, de textes épiques ou mythologiques de l'Antiquité gréco-romaine.

 

CORRÉLATS/Collocations

ADAPTATION

AMOURS

ANACHRONISME/ Anachronism

ANTIQUITÉ APPROPRIATION

 

CHEVALERIE

CONTE/ Tale, COURTOISIE/ Courtesy,Mm

 

ÉPOPÉE/ Epic,

FORME

GENRE/ Genre criticism,

IMAGO MUNDI

MODÈLE

MOYEN-ÂGE/ Middle Ages,

MYTHOLOGIE

 

NARRATION/ Narrative,

 

 

RÉÉCRITURE ROMAN MÉDIÉVAL/ Romance; Novel, ROMAN ARTHURIEN/ Arthurian romance, ROMAN BRETON, ROMAN COURTOIS/ Courtly romance.

 

RENAISSANCE

 

TRADUCTION

 

VERNACULAIRE

 

NOMENCLATURES/ Families of terms

ANTI

GENR

MOYE

ROMA

VERS

 

MOTS-CLÉS

Adaptation, Amour, Anachronisme,

Benoît de Sainte-Maure,

Genre,

Moyen-Âge,

Psychologie,

Vers.

 

KEYWORDS

Adaptation, Anachronism,

Genre criticism,

Love,

Middle Ages,

Psychology,

Verse.

 

ÉQUIVALENTS/ Correspondences

 

COMMENTAIRE/ Analysis

Les écoles médiévales ont éveillé un intérêt pour l'Antiquité. On peut y voir une des raisons de l'éveil des lettres grecques et latines pendant la deuxième renaissance, au XIIe siècle (la première se situant à l'époque de Charlemagne et s'appliquant davantage à la littérature latine). Les auteurs qui ont suivi les cours dans ces écoles sont tous imprégnés de l'esprit de l'Antiquité. Ils ont lu les textes classiques et ils se mettent à retravailler ces textes en langue vulgaire, romane, à les adapter avec des détails purement médiévaux. Ces anachronismes ne sont pas à considérer comme des preuves de la naïveté et du manque d'esprit critique du Moyen Âge: les poètes de ce temps savaient très bien que ces détails n'étaient pas exacts. Il ne s'agissait que d'un jeu, puéril peut-être, mais souvent infiniment poétique. Cette pratique de l'anachronisme se manifeste d'ailleurs à d'autres niveaux encore. Dans le Roman d'Alexandre, qui est probablement le premier du genre, adaptation d'un conte oriental, primitivement écrit en grec et connu sous le nom de «pseudo- Callisthène», mais qui est parvenu au Moyen Âge sous la forme d'une traduction latine, le héros principal, Alexandre, devient le modèle du parfait chevalier du Moyen Âge: il est preux comme Roland, sage comme Olivier, etc., ce qui n'empêche pas le merveilleux oriental d'intervenir en bien des circonstances. Aussi le succès de l'œuvre fut-il tel qu'on en trouve de nombreuses traductions dans la plupart des langues européennes. En français, deux versions ont été conservées, outre les nombreux remaniements, parmi lesquels ceux de Lambert de Tours, d'Alexandre de Paris, de Pierre de Saint-Cloud et, plus tard, de Jean le Vellay et de Guy de Cambray. Il en est de même du Roman de Thèbes (115à), qui raconte les malheurs d' Œdipe et de ses descendants: les chevaliers qui défendent Thèbes offrent une grande ressemblance avec les chevaliers de Charlemagne; l'auteur précise même que les chevaliers grecs sont habillés de la même façon que les chevaliers français.

 Il en va de même dans le Roman d'Enéas (+1160), cette fois, adaptation primordiale: si l'auteur reprend l'histoire de l'Énéide de Virgile, il insiste davantage sur les amours des personnages, lesquels se lancent dans de longs monologues, où ils s'efforcent et réussissent même parfois à disséquer leurs sentiments. Ce goût de la psychologie amoureuse fait bien de cette œuvre comme d'ailleurs des autres romans antiques la première expérience romanesque de la littérature française médiévale. Il en est, enfin, toujours (surtout!) de même dans le Roman de Troie (+1165-1170), probablement composé par Benoît de Sainte-Maure, sur la demande de la reine Éléonore ou Aliénor d'Aquitaine: les 30 000 vers octosyllabiques de cette œuvre regorgent de développements amoureux et d'évocations d'épisodes galants: les femmes amoureuses y occupent le premier plan, même si l'auteur conclut qu'il ne vaut pas la peine de «faire grand deuil» à propos de la perte de l'une d'entre elles. Pas plus que les autres, ce roman ne contient de sentiment religieux. Selon toute apparence, l'auteur, par la prolixité des détails, a tendu à donner à son roman le caractère d'une «imago mundi», d'une description du monde dans lequel il vivait. Tous ces romans sont encore versifiés.

Marcel De Grève

Riksuniversiteit Gent

 

Bibliographie/References

Hausen, Inez.- Zwischen Epos und höfischen Roman.- München: Fink, 1971.

 

Nauman.- Lexikon der französischen Literatur.- Leipzig: VEB Bibliographisches Institut, 1987.