Appel: Culture populaire ET/ou culture grand public? de la Subversion au marketing (XIXe-XXIe siècles)

Culture populaire ET/ou culture grand public ?

de la Subversion au marketing (XIXe-XXIe siècles)


UVSQ, 23 mai 2012

Appel à contribution

Date limite de réception des propositions : 31 janvier 2012

Présentation :

Quels seraient les enjeux d’une mise en parallèle entre culture populaire et culture grand public ? S’agit-il d’une distinction entre logique éducative et logique de marché, ou d’une confrontation entre authenticité d’un côté, et séduction du marché de l’autre? Les termes formulés appellent inévitablement celui de culture de masse dans son rapport à la modernité.

La culture grand public peut être perçue comme une manière de normaliser (et commercialiser ?) celle qualifiée de populaire. On cherchera donc à éclaircir les relations entre ces avatars de la culture « alternative » et des champs voisins comme le « mainstream » (Frédéric Martel, 2010), la contre-culture, ou les avant-gardes.

Constatant les confusions existantes entre culture populaire et grand public, les conflits sémantiques et idéologiques constitueront un axe d’analyse essentiel. On sera particulièrement attentifs aux luttes de définition et aux enjeux de labellisation. On le sait, le champ culturel est animé par un déplacement permanent des frontières au sein de « la culture », de redéfinition des hiérarchies. Certaines manifestations de résistances aux cultures dominantes sont parfois qualifiées de « populaires », en oppositions aux cultures officielles. Des labels comme « underground », « rock alternatif », et même « nanar » deviennent ainsi des outils de distinction. Mais les processus de reconnaissance, au sein desquels il faudra étudier l’action des entrepreneurs culturels, peuvent être –et sont- souvent interprétés comme des phénomènes de « récupération » et de routinisation. Au vu de ces reconversions, on peut être tenté de se demander si toute contre-culture est destinée à être absorbée par le système culturel dominant.

Dans certains domaines, comme celui du cinéma-bis, on pourrait aborder la difficulté d’adapter la méthode traditionnelle de l’analyse filmique à des réalisations plus ouvertement commerciales. Les produits de la culture populaire peuvent-ils appeler de nouveaux modèles, de nouvelles approches esthétiques ?

A la lumière des paradigmes récents en histoire et en sociologie de la culture, on invite donc les communications à réexaminer des oppositions trop simples (norme-transgression, élites-masse, global-local, marchand-authentique…) et à mettre à jour des processus dans une perspective dynamique. L’étude des structures de production (les médias notamment), des acteurs, des publics et des chronologies demande à être approfondie.

Née d’observations faites aux cours de nos travaux respectifs, cette journée d’études a pour objectif de développer de telles problématiques, tout en favorisant la rencontre entre de jeunes chercheurs venus d’horizons et de disciplines différentes (histoire, sociologie, esthétique, littérature …)

Ce seront donc principalement les XIXe, XXe, mais aussi l’actuel XXIe siècle qui seront touchés par une telle journée d’études, nous permettant de parcourir un faisceau chronologique allant de l’entrée de la culture en régime de masse à celle du régime médiatique moderne. Tous les supports et bouleversements technologiques seront englobés dans notre analyse de la production et des pratiques culturelles, légitimes ou  »alternatives ». Les phénomènes de circulation transmédiatiques et transnationaux seront également abordés.

Les différents axes de recherche seront donc (liste non exhaustive) :

  • culture populaire, culture grand public, culture de masse : quelles définitions ?
  • de l’alternatif au mainstream : promotion, confrontation, concurrence ?
  • luttes de définition, enjeux de labellisation, renouvellement des hiérarchies
  • les acteurs de ces recompositions : entrepreneurs culturels, communicants, publics, fans…
  • le rôle des différents médias dans ces stratégies
  • les approches universitaires des produits de la culture de masse (esthétique, économique, historique, sociologique…) et le rôle du discours académique comme discours de légitimation

Comité d’organisation :

Yann Hermans (UVSQ-PRISM),

Nicolas Lahaye (UVSQ-CHCSC),

Géraldine Poels (UVSQ-CHCSC),

Matthias Steinle (IRCAV, Université Sorbonne Nouvelle – Paris 3)

Envoi des propositions :

Le colloque se tiendra à l’Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines le mercredi 23 mai 2012, à l’auditorium de la Bibliothèque Universitaire de Saint-Quentin-en-Yvelines.

Les propositions de communication (500 mots environ), comprenant notamment la méthode utilisée et les matériaux mobilisés, sont à envoyer accompagnées d’une présentation de l’auteur, avant le 31 janvier 2012 à l’adresse suivante: culturhisto2012@uvsq.fr

Les propositions de jeunes chercheuses et chercheurs sont naturellement les bienvenues.