Conférence : « Transhumanisme : vers une humanité 2.0, définitivement normalisée ? »



Début:
25 avril 2018, 17 h 00 min

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La septième conférence du cycle « République et Santé » abordera le thème du transhumanisme    :

Transhumanisme : vers une humanité 2.0, définitivement normalisée ?

animée par Michel SALAMON
Mercredi 25 avril 2018 de  17h à 19h
Salle D005
Faculté des Lettres et des Sciences Humaines

Présentation la conférence :

On peut estimer que dans les pays occidentaux qui se sont construits comme la France sur un modèle démocratique et républicain, les formes traditionnelles du pouvoir – toujours à l’œuvre ici et là dans notre Monde -, pour l’essentiel théologico-politiques, ont cédé une grande partie de leur influence au profit d’un pouvoir dont le moteur d’impulsion est davantage économique que politique, et dont la cible n’est plus directement la normalisation des consciences mais toujours davantage l’arraisonnement des corps. Ce diagnostic avait déjà été largement pré-établi par Michel Foucault dès les années 1970 et sans cesse confirmé depuis. En effet, le pouvoir prend de plus en plus la forme du « bio-pouvoir », dont la préoccupation prioritaire sera la gestion de la santé, la préconisation de multiples mesures d’hygiène, des campagnes de dépistages et de prévention des maladies et des risques sanitaires, des conseils pour l’alimentation, des politiques nationales de vaccination, un encadrement étatique de la planification familiale, de “la fin de vie”, du don d’organe, etc.

Aux Etats-Unis, l’idéologie transhumaniste est d’ores et déjà en mesure de conférer à ce bio-pouvoir une forme radicale, à peine soupçonnée en Europe. La vie – le corps dans sa dimension organique – représente de ce point de vue un immense potentiel économique et politique, mais la vie représente aussi, dans l’expression de ses affects et de ses désirs, un lieu possible de résistance et de contre-pouvoir. C’est aujourd’hui tout l’enjeu et tout l’intérêt du débat qui porte sur le mouvement transhumaniste, où la question consiste à savoir si on peut penser la vie comme un lieu de réappropriation pour une subjectivité qui se révèle dès le départ enfermée dans un dispositif idéologique d’assujettissement.

Michel SALAMON est professeur de philosophie, il enseigne à la Faculté des Lettres et des Sciences Humaines, assure des formations et anime un groupe de parole à l’unité de soins intensifs pour adolescents.

Contact : till.kuhnle.unilim.fr