Adrian, de Cluj Napoca à Limoges


 Adrian  est doctorant à la Faculté des Lettres de l’Université «Babeș-Bolyai» de Cluj-Napoca, en Roumanie, il est venu à plusieurs reprises  à la Faculté des Lettres et des Sciences humaines dans le cadre de ses recherches.  Il revient sur ses séjours à Limoges.

Une thèse sur l’anarchisme

Je travaille sur une thèse concernant les liens entre la littérature et l’anarchisme, intitulée «Les anarchistes dans la République des Lettres». Elle est en partie dédiée aux anarchistes roumains, mais aussi aux écrivains libertaires français. Ce n’était pas la première fois que je venais cette année à Limoges, car j’avais fait un autre stage Erasmus à l’Université de Limoges pendant le premier semestre de l’année 2016/2017.

Mon premier contact avec l’Université de Limoges a été un appel à communication que j’avais reçu en 2016 de la part de Till Kuhnle, professeur à la Faculté des Lettres, qui avait organisé un colloque très réussi à Limoges, intitulé «Le défi libertaire». J’y ai participé en faisant une intervention sur l’histoire – peu connue d’ailleurs – de l’anarchisme en Roumanie.

Pendant cette première période à Limoges j’ai découvert, au fur et à mesure, la ville, les gens, les bibliothèques et la région. Je me suis rendu compte assez rapidement que, sous l’apparence du calme et de la vie paisible qui y régnait, Limoges est une ville ayant une forte et charmante personnalité, avec des petits trésors à découvrir à chaque pas. Une des plus belles découvertes a été pour moi le CIRA Limousin (Centre International des Recherches sur l’Anarchisme) – un espace associatif, centre de recherche et bibliothèque – où j’ai été, d’ailleurs, invité à donner une petite conférence publique, avant mon départ, en janvier 2017.

Un 2ème séjour à Limoges

La liste des raisons qui m’ont fait revenir pour un deuxième stage est longue, mais je pourrais mentionner ici les éléments qui me paraissent les plus importants : la chaleur sincère des gens et de l’accueil, la qualité de l’enseignement universitaire, la beauté de la ville et sa personnalité à part, son calme et, non des moindres, le campus de Vanteaux qui, avec ses espaces ouverts et généreux, crée une ambiance propice pour les rêveurs et pour les étudiants studieux. Pour ceux ou celles qui se trouvent – comme moi – dans leur dernière année de thèse ou qui ont besoin d’un coin tranquille pour travailler à leurs projets, Limoges est la ville idéale. Les bibliothèques sont très bien garnies, les cours intéressants et le coût de la vie est acceptable. Bref, il y a tout ce qu’il faut.

Les systèmes universitaires français et roumains

D’autre part, le système et l’enseignement universitaire en France et en Roumanie sont assez comparables. Mais ce qui me paraît différent en France, c’est la tendance de plus en plus marquée, même en ce qui concerne les sciences humaines, à tourner ses étudiants vers une certaine spécialisation des études que j’oserais qualifier d’«extrême». Cela a ses avantages, bien sûr, mais aussi des inconvénients, dont le plus grand serait justement un savoir de plus en plus fragmenté, parfois peu pertinent et isolé.

D’où, à mon avis, le besoin de repenser radicalement ce savoir dans les termes de l’interdisciplinarité, de l’ouverture, et de la créativité.

Un apprentissage de la solidarité

J’ai aussi apprécié, pendant ce dernier stage, le fait d’avoir la chance de voir les étudiants s’organiser, discuter et débattre de leur avenir et leur présent ; de les voir lutter et essayer de trouver des alternatives.

J’ai eu la chance d’être un témoin direct de toute cette période mouvementée et j’espère sincèrement qu’elle sera pour tous un précieux – bien que parfois stressant et difficile – apprentissage de la solidarité et de la persévérance. C’est la leçon que je retiens et que j’emmène avec moi à Cluj. Je n’hésiterai donc pas à recommander de tout mon cœur l’Université de Limoges, qui a vraiment une ambiance excellente. Limoges est une ville à découvrir avec patience, imagination et ouverture d’esprit.